CCNT 66/CHRS assez de boire la tasse !
Le secteur social et médicosocial est en train de se noyer. Les salarié-es tiennent à bout de bras des missions de service public essentielles pendant que les salaires stagnent, que les conditions de travail se dégradent et que les financements restent dramatiquement et drastiquement insuffisants.
Dans l’ensemble du secteur social et médicosocial,
les salariéꞏeꞏs tiennent encore par engagement. Mais l’engagement ne paie ni le loyer ni les factures.
Quand les professionnels partent ou s’épuisent, ce sont aussi les personnes accompagnées qui en subissent les conséquences.
Nous savons très bien que nous sommes financés majoritairement par de l’argent
public. Cela signifie une chose simple : Les salaires ne sont pas qu’un
problème de gestion, c’est un choix politique ! Une association, telle que la
nôtre, ne peut pas, d’un côté, défendre des valeurs de solidarité et de dignité, et
de l’autre, accepter que ses salariéꞏeꞏs s’appauvrissent.
Il ne s’agit pas de demander l’impossible. Il s’agit de refuser l’inacceptable.
Sans augmentation massive et immédiate des salaires s’organise l’appauvrissement de celles et ceux qui font vivre le service public social et médicosocial.
La CGT restera mobilisée pour que ces chiffres ne restent pas dans un tableau, mais deviennent enfin des décisions politiques et salariales concrètes.
Nous appelons les salariéꞏeꞏs à interpeller les employeurs, les pouvoirs publics, mais aussi les organisations patronales et leurs responsables syndicaux, afin que chacun soit mis face à ses responsabilités.
Pendant ce temps, les employeurs et les pouvoirs publics regardent ailleurs.
À la table des négociations CCNT 66–CHRS, la réalité est brutale. Les discussions sont vidées de leur sens, les réponses apportées sont inexistantes et les fameuses « enveloppes contraintes » servent surtout à justifier l’absence d’ambition salariale. La fusion CHRS/66, imposée par décision politique, se fait sans moyens dédiés. Résultat : des milliers de salarié-es restent coincé-es dans des grilles infraSMIC et voient leur pouvoir d’achat s’effondrer.
Nos métiers sont qualifiés, exigeants, indispensables. Ils demandent des diplômes, de l’expérience, de l’engagement. Pourtant, l’ancienneté est méprisée, la pénibilité ignorée et les perspectives de carrière sacrifiées. Comment parler d’attractivité quand les étudiant-es abandonnent les formations faute d’avenir ? Comment garantir un accompagnement de qualité quand celles et ceux qui le portent sont épuisé-es, en maladie longue durée et souspayé-es ? Le seul système que le patronat fait fonctionner avec succès est l’intérim, une honte pour nos publics ainsi que pour le statut du salarié !
Sur le terrain, le climat social se dégrade dangereusement. Les représentant-es du personnel subissent pressions, intimidations, mises à l’écart, parfois même de véritables formes de répression syndicale. Le dialogue social est piétiné. La CGT le dit clairement : ces pratiques sont intolérables et doivent cesser immédiatement.
Ce secteur est majoritairement féminisé, et donc volontairement fragilisé. Les inégalités salariales persistent, les métiers féminins restent sous-valorisés et les discours sur l’égalité femmes/hommes ne se traduisent jamais sur la fiche de paie. C’est pourquoi la CGT tient aux grilles de salaire « Parodi/Croizat », mais nous exigeons un SMIC porté à 2 000 euros brut, pour qu’enfin les salarié.es puissent vivre avec dignité de leur salaire, indigne de notre engagement que porte la CGT !
À l’approche des 60 ans de la Convention collective de 1966, nous refusons une convention low-cost. Nous refusons une action sociale au rabais. Nous refusons de continuer à survivre.
Le 10 mars, partout en France, on sort la tête de l’eau
- Parce que sans les salarié-es, rien ne fonctionne,
- Parce que nos métiers méritent respect et reconnaissance,
- Parce que l’accompagnement des publics ne peut plus se faire dans la précarité et l’épuisement,
La CGT appelle l’ensemble des salarié-es du social et du médicosocial à se mobiliser et à se mettre en grève le 10 mars 2026. Ensemble, sortons la tête de l’eau et imposons enfin des salaires dignes, des moyens à la hauteur des besoins et une Convention Collective ambitieuse et de haut niveau.
Pour nos salaires et les moyens d’accompagner
En grève et en manifestation

